Parmi tous les plats tex-mex, les fajitas occupent une place à part. Assiettes fumantes, crépitement du métal brûlant, odeur de viande grillée et de poivrons caramélisés : difficile de faire plus convivial pour un repas à partager. Derrière cette apparente simplicité se cache pourtant un véritable savoir-faire, hérité des vaqueros texans et affiné par la cuisine mexicaine régionale. En comprenant l’histoire, les découpes de viande et les techniques professionnelles qui donnent ce goût inimitable, vous pouvez transformer un simple dîner de semaine en véritable expérience de taquería. Que vous soyez adepte du bœuf, du poulet, des crevettes ou d’options végétariennes, chaque détail – de la marinade au choix des tortillas – influence le résultat dans l’assiette.

Origine historique des fajitas mexicaines : des vaqueros du texas aux taquerías de mexico

Étymologie du terme « fajitas » et distinction avec tacos, burritos et quesadillas

Le mot fajita vient de l’espagnol faja, qui signifie « ceinture », « bande » ou « lanière ». À l’origine, il ne désignait pas un plat, mais une découpe de bœuf : la « petite bande » de viande tirée de la partie inférieure de l’animal. Ce n’est que plus tard que le terme a glissé pour qualifier l’ensemble : viande en lanières, poivrons, oignons et tortillas servies ensemble. Beaucoup de consommateurs confondent aujourd’hui tacos, burritos, quesadillas et fajitas, alors que leur logique de montage reste différente. Le taco reste une petite tortilla, souvent de maïs, garnie et pliée simplement ; le burrito, une tortilla de blé généreusement garnie et entièrement roulée puis fermée ; la quesadilla se concentre sur le fromage fondu. La fajita se situe à la croisée de ces univers, mais met au centre la viande grillée en lanières, préparée à la minute, souvent servie encore crépitante.

Rôle des vaqueros texans et de la découpe de boucherie « skirt steak » (arrachera)

Dans les années 1930, sur les ranchs du Texas, les vaqueros d’origine mexicaine recevaient comme rémunération partielle des morceaux de viande peu prisés : côtes, abats, et surtout la découpe connue sous le nom de skirt steak, appelée arrachera au Mexique. Cette pièce, fibreuse mais très goûteuse, longe le diaphragme du bœuf. Pour la rendre agréable à manger, ces cow-boys la faisaient mariner longuement avec du jus d’agrumes, de l’ail et des épices, avant de la griller au feu de bois puis de la trancher très finement. C’est cette contrainte – devoir sublimer une pièce peu tendre – qui a façonné la technique des fajitas : marinade acide, cuisson vive, découpe perpendiculaire aux fibres et service immédiat dans des tortillas chaudes.

Diffusion des fajitas dans la cuisine Tex-Mex : de ninfa’s à houston aux chaînes comme chili’s

À partir des années 1960–1970, la fajita sort du cercle des ranchs pour entrer en ville. À Houston, un petit restaurant de quartier, souvent cité par les historiens de la cuisine tex-mex, popularise le service sur plat de fonte brûlant, accompagné de tortillas, d’oignons, de poivrons et de condiments. Cette mise en scène « sizzling » devient rapidement un standard, reprise ensuite par les grandes chaînes américaines. Dans les années 1980, les fajitas entrent sur les cartes de restaurants comme Chili’s, On The Border ou d’autres franchises tex-mex, ce qui contribue à leur diffusion massive. Des études de marché publiées entre 2018 et 2023 estiment que les plats tex-mex représentent désormais plus de 10 % des ventes de restauration à thème aux États-Unis, et la fajita fait systématiquement partie du top 5 des plats commandés.

Intégration des fajitas dans la gastronomie mexicaine régionale : nuevo león, coahuila, tamaulipas

Si les fajitas sont nées dans un contexte texan, elles ont rapidement trouvé leur place dans le nord du Mexique, notamment dans les États de Nuevo León, Coahuila et Tamaulipas. Là, la culture du bœuf, des grillades et des tacos al carbón est très forte. Dans ces régions, l’arrachera est considérée comme une pièce noble, souvent marinée au jus de citron vert et à la bière, puis grillée au charbon de bois. Les fajitas s’y déclinent en versions régionales : tortillas de maïs épaisses à Monterrey, garnitures plus rustiques dans les petites taquerías de Reynosa, abondance de sauces maison très pimentées près de la frontière. Cette intégration régionale explique pourquoi, au Mexique, la frontière entre « taco de arrachera » et « fajita » reste parfois plus floue qu’en Europe.

Découpes de viande et matières premières authentiques pour des fajitas mexicaines

Choix de la viande : arrachera, bavette, onglet et alternatives comme le poulet (pechuga) ou le porc (lomo)

Pour des fajitas mexicaines authentiques, la découpe de référence reste l’arrachera (skirt steak). Sa combinaison de gras intramusculaire et de fibres longues donne, après marinade et cuisson vive, une texture fondante incomparable. À défaut, une bavette d’aloyau ou un onglet offrent un excellent compromis : la structure des fibres reste proche, avec un goût prononcé de bœuf. Pour adapter la recette à tous les goûts, de nombreux foyers optent aujourd’hui pour la pechuga de poulet (blanc de poulet) découpée en lanières ou pour le lomo de porc. Ces alternatives cuisent plus vite et permettent des fajitas plus « légères », tout en restant riches en protéines. Dans les statistiques de consommation tex-mex en Europe, le poulet représente désormais plus de 60 % des garnitures de fajitas vendues au détail, notamment via les kits en grande surface.

Spécificités des tortillas de maïs vs tortillas de blé pour fajitas et tacos al carbón

La tortilla est à la fajita ce que le pain est au sandwich : un simple support sur le papier, mais un élément clé de la texture et du goût. Les tortillas de maïs, élaborées à partir de maïs nixtamalisé, offrent une saveur plus typée, légèrement fumée et grillée, idéale pour les tacos al carbón. Elles sont naturellement sans gluten et se marient à merveille avec le bœuf. Les tortillas de blé, plus souples et élastiques, dominent cependant dans la cuisine tex-mex moderne, car elles se roulent facilement et supportent des garnitures généreuses. Pour une expérience proche des taquerías du nord du Mexique, une astuce consiste à proposer les deux : maïs pour les puristes, blé pour ceux qui préfèrent des fajitas bien garnies à la manière des fast-foods tex-mex.

Palette aromatique mexicaine : piment ancho, chipotle, cumin, origan mexicain, coriandre fraîche

La signature aromatique des fajitas mexicaines repose sur une combinaison précise d’épices et d’herbes. Le piment ancho, doux et fruité, apporte profondeur de goût sans brûler le palais. Le chipotle, jalapeño fumé et séché, donne ce côté fumé caractéristique, très recherché dans les marinades de fajitas de bœuf. Le cumin moulu, utilisé avec parcimonie, renforce la dimension terreuse de la viande. L’origan mexicain, plus citronné que son cousin méditerranéen, parfume subtilement les légumes sautés. Enfin, la coriandre fraîche, ajoutée au moment du service, apporte la note verte qui rééquilibre le gras et la puissance des grillades. En jouant sur ces éléments, vous pouvez ajuster le profil aromatique de vos fajitas : plus fumé, plus frais, plus épicé ou plus doux.

Légumes traditionnels pour la garniture : poivrons tricolores, oignons blancs, jalapeños et nopales

Une fajita réussie ne se résume pas à la viande. Les légumes, travaillés à feu vif, apportent couleur, texture et sucrosité. Les poivrons tricolores (rouge, vert, jaune) caramélisent et offrent un contraste visuel très apprécié. Les oignons blancs mexicains, plus doux que les oignons jaunes, deviennent presque sucrés après un passage sur la plancha. Les jalapeños frais ou marinés en escabeche introduisent une chaleur maîtrisée, que chacun peut doser dans sa tortilla. Dans certaines régions, les nopales (raquettes de cactus) grillés complètent la garniture ; leur texture légèrement croquante et leur saveur acidulée ajoutent une véritable touche de terroir mexicain que vous pouvez reproduire facilement en France grâce aux bocaux de nopales disponibles dans les épiceries spécialisées.

Choix des corps gras : saindoux (manteca), huile de maïs et beurres clarifiés pour la saisie

Le choix du corps gras influence directement la réaction de Maillard et donc la profondeur de goût de vos fajitas. Traditionnellement, la cuisine mexicaine utilise la manteca (saindoux), très stable à haute température, qui apporte une saveur riche et authentique. Pour une version plus neutre, l’huile de maïs ou de tournesol à haut point de fumée fonctionne très bien, surtout sur plancha ou grill. Le beurre clarifié (ghee) constitue un compromis intéressant pour ceux qui recherchent une note beurrée sans brûler la matière grasse. D’un point de vue nutritionnel, les études récentes montrent qu’une cuisson vive et courte, avec peu de matière grasse mais très chaude, permet de limiter l’absorption d’huile tout en maximisant la caramélisation des sucs.

Techniques de marinade et de saumurage pour des fajitas tendres et juteuses

Marinades acides à base de jus de citron vert, vinaigre de cidre et bière légère mexicaine (corona, modelo)

La marinade est l’un des piliers des fajitas de bœuf et de porc. Elle a deux objectifs : attendrir les fibres et parfumer en profondeur. Un mélange classique associe jus de citron vert, vinaigre de cidre et bière légère de type Corona ou Modelo. L’acidité attaque délicatement les tissus conjonctifs, tandis que les enzymes naturelles des agrumes contribuent à assouplir la viande. La bière, grâce à ses sucres résiduels, favorise ensuite la caramélisation lors de la cuisson. Pour un équilibre optimal, il est recommandé de respecter un ratio d’environ 2 parts d’huile pour 1 part d’élément acide, en ajoutant les épices (cumin, piment ancho, ail, origan) en quantité suffisante. Une marinade de 2 à 4 heures suffit pour des lanières fines ; au-delà de 8 heures, la texture commence à se « cuire » chimiquement.

Utilisation d’enzymes naturelles (papaye, ananas) pour attendrir les fibres musculaires de l’arrachera

Pour les pièces particulièrement fermes comme l’arrachera, certaines cuisines régionales utilisent des fruits riches en enzymes protéolytiques : papaye (papaïne) ou ananas (bromélaïne). Quelques cuillerées de purée de ces fruits, ajoutées à la marinade, peuvent réduire de 30 à 40 % le temps nécessaire pour obtenir une viande tendre. Toutefois, la puissance de ces enzymes impose une grande précision : au-delà de 30 à 45 minutes de contact, la surface de la viande risque de devenir pâteuse. Une bonne pratique consiste à intégrer ces fruits en fin de marinade ou à les appliquer uniquement sur les parties les plus épaisses, en surveillant le temps de repos. Cette approche se révèle particulièrement efficace pour les fajitas de bœuf grillées au barbecue, où la cuisson très vive demande une viande déjà assouplie.

Gestion du sel et du temps de repos : salage à sec, saumure courte et impact sur la jutosité

Le sel joue un rôle décisif dans la jutosité des fajitas. Un salage à sec, pratiqué 30 à 60 minutes avant la cuisson, permet au sodium de pénétrer dans les fibres musculaires et d’augmenter leur capacité à retenir l’eau. Certaines brigades choisissent une saumure courte (eau légèrement salée) pour les fajitas de poulet, ce qui réduit le risque de dessèchement sur le grill. Des études culinaires montrent qu’un poulet saumuré peut retenir jusqu’à 8 à 10 % d’humidité en plus par rapport à un poulet non traité. Pour éviter un effet « jambon », il est toutefois préférable de rester sur des durées courtes (1 à 2 heures de saumure maximum pour des lanières) et de réduire légèrement la quantité de sel dans le reste de la recette.

Équilibrage des saveurs : ratio huile/acidité/épices pour éviter la « cuisson » prématurée de la viande

Une marinade pour fajitas efficace repose sur un triptyque : matière grasse, acidité, aromates. Un excès d’acidité peut « cuire » la viande en surface, à la manière d’un ceviche, ce qui nuit ensuite à la bonne caramélisation. Un bon point de repère consiste à respecter un ratio 2:1:1 – deux volumes d’huile, un volume d’élément acide (citron vert, vinaigre, bière), un volume d’aromates (ail, oignon, coriandre, épices). La matière grasse aide à dissoudre les arômes liposolubles des épices comme le cumin ou le piment chipotle, tandis que la phase aqueuse transmet les notes plus fraîches. En ajustant ce ratio, vous pouvez passer d’une marinade légère pour crevettes à une marinade plus robuste pour bœuf, sans risquer de dénaturer la texture des protéines.

Une bonne marinade de fajitas n’a pas vocation à masquer la viande, mais à révéler son potentiel, comme un cadre met en valeur une œuvre plutôt que de la cacher.

Méthodes de cuisson professionnelles pour des fajitas au goût fumé et à la texture caramélisée

Cuisson à la plancha et sur comal en fonte : maîtrise de la réaction de maillard et des zones de chaleur

La plancha et le comal en fonte sont des alliés précieux pour des fajitas réussies à la maison. Leur inertie thermique permet de maintenir une température élevée et stable, indispensable pour déclencher la réaction de Maillard, responsable des arômes grillés et des couleurs dorées. Pour y parvenir, il est essentiel de préchauffer fortement la surface, puis de saisir la viande par petites quantités afin de ne pas faire chuter la température. Une astuce professionnelle consiste à créer deux zones : une très chaude pour la saisie initiale, une légèrement plus douce pour terminer la cuisson et garder les légumes croquants. En observant la couleur et l’odeur, vous pourrez rapidement ajuster le temps de cuisson à la taille de vos lanières.

Grill au charbon de bois ou au gaz : gestion des braises, marquage des grillades et fumage léger au bois de mesquite

Pour retrouver le goût des vaqueros, rien ne vaut le grill au charbon de bois. Le contrôle des braises est ici crucial : une zone de braises vives pour marquer la viande, une zone plus douce pour terminer la cuisson sans brûler les épices. L’ajout de copeaux de bois de mesquite ou de hickory permet d’apporter un léger fumé, très apprécié dans les fajitas de bœuf. Sur un barbecue à gaz, des barquettes de copeaux humidifiés offrent un résultat proche. Les études sensorielles menées sur les cuissons au charbon montrent que l’intensité aromatique perçue peut augmenter de 20 à 30 % par rapport à une cuisson strictement à la poêle, à condition de respecter les temps de cuisson et de ne pas carboniser la surface.

Contrôle des températures à cœur et du repos de la viande pour une découpe en fibres fondantes

Le contrôle de la température à cœur reste un marqueur de maîtrise professionnelle. Pour le bœuf de fajitas, une cuisson autour de 54–57 °C (saignant à rosé) garantit une texture tendre après tranchage. Le poulet doit atteindre 74 °C pour une sécurité alimentaire optimale, mais un repos de 5 minutes sous feuille de cuisson permet aux jus de se redistribuer et de gagner en moelleux. Une fois sortie du feu, la viande continue de monter de 2 à 3 °C, selon son épaisseur. Trancher perpendiculairement aux fibres, en lanières fines de 5 à 8 mm, reste enfin le geste clé pour transformer une pièce relativement ferme en bouchées fondantes dans la tortilla.

Sauter les poivrons et oignons à feu vif : déglacer au jus de citron vert ou tequila reposado

Les poivrons et oignons des fajitas gagnent en relief lorsqu’ils sont saisis à feu très vif, presque au bord de la brûlure. Cette cuisson rapide caramelise les sucres et conserve croquant et couleur. Une fois les légumes marqués, un déglaçage au jus de citron vert apporte une pointe d’acidité qui équilibre le gras de la viande. Pour une version plus festive, un trait de tequila reposado ajouté hors du feu et brièvement flambé concentre les arômes sans laisser d’alcool résiduel. Cette technique crée une sorte de glaçage naturel sur les légumes, qui adhère ensuite particulièrement bien à la viande lorsqu’ils sont mélangés sur le plat de service.

Service « sizzling » sur plat en fonte chaud façon restaurant mexicain traditionnel

Le fameux service « sizzling » – ce grésillement spectaculaire au moment où le plat arrive à table – repose sur un principe simple : déposer viande et légumes très chauds sur un plat en fonte préchauffé au four ou sur la flamme. La fonte emmagasine suffisamment de chaleur pour maintenir les fajitas à température le temps que chacun garnisse sa tortilla. Ce type de service n’est pas uniquement théâtral ; il améliore aussi l’expérience gustative, car les arômes continuent de se développer dans les minutes qui suivent. Pour une utilisation domestique, un petit plat en fonte individuel par personne permet de retrouver cette ambiance de restaurant mexicain sans équipement professionnel.

Le plat en fonte n’est pas qu’un accessoire de mise en scène : il agit comme une seconde cuisson douce, qui harmonise la viande, les légumes et les jus en un seul ensemble cohérent.

Recettes typiques de fajitas mexicaines : bœuf, poulet, crevettes et options végétariennes

Fajitas de bœuf à la mexicaine avec arrachera grillée, pico de gallo et guacamole maison

Les fajitas de bœuf incarnent la version la plus emblématique du plat. Pour les réussir, commencez par mariner des lanières d’arrachera dans un mélange de jus de citron vert, bière légère, ail, cumin, piment ancho et coriandre hachée. Après 3 heures de repos au frais, saisissez la viande très brièvement sur plancha brûlante, de façon à obtenir une belle coloration sans surcuire le centre. Servez immédiatement sur un lit de poivrons et oignons sautés, accompagnés de tortillas de maïs chaudes, d’un pico de gallo frais (tomate, oignon, coriandre, piment serrano) et d’un guacamole maison. Ce trio viande–salsa–avocat crée un équilibre entre gras, acidité et fraîcheur qui explique le succès intemporel de cette version.

Fajitas de poulet marinées à la tequila et au jus de citron vert, inspirées des cantinas de guadalajara

Le poulet se prête particulièrement bien aux marinades parfumées. Une version inspirée des cantinas de Guadalajara consiste à associer jus de citron vert, tequila blanche, ail, paprika fumé, cumin et une touche de miel. Cette combinaison donne une viande juteuse, légèrement caramélisée sur les bords. Découpez la pechuga en lanières, laissez mariner 1 à 2 heures, puis faites sauter rapidement à feu vif, en ajoutant les poivrons en fin de cuisson pour préserver leur croquant. Servies avec des tortillas de blé souples, une crème aigre légère et quelques jalapeños en rondelles, ces fajitas offrent un profil plus doux que la version au bœuf, parfaitement adapté aux repas familiaux.

Fajitas de crevettes (camarones) à l’ail, piment chipotle et coriandre fraîche

Pour une alternative plus iodée, les fajitas de crevettes (camarones) constituent une excellente option. La clé consiste à limiter le temps de marinade pour ne pas « cuire » les crevettes à l’avance. Un mélange rapide d’huile d’olive, ail râpé, piment chipotle en adobo et zeste de citron vert pendant 20 à 30 minutes suffit. La cuisson se fait ensuite à feu très vif, 2 à 3 minutes maximum, jusqu’à ce que les crevettes deviennent rosées et légèrement grillées. Mélangées à des oignons doux et à des lamelles de poivrons jaunes, elles se marient particulièrement bien avec une salsa verde aux tomatillos et beaucoup de coriandre fraîche hachée juste avant le service.

Fajitas végétariennes et véganes : champignons portobello grillés, haricots noirs et tofu mariné

Les tendances alimentaires récentes montrent une progression constante de la demande pour des options végétariennes et véganes, y compris dans la cuisine tex-mex. Les champignons portobello, coupés en épaisses lanières, grillés puis marinés brièvement dans une préparation à base de sauce soja, ail, paprika fumé et huile d’olive, reproduisent étonnamment bien la texture charnue de la viande. Associés à des haricots noirs mijotés et à du tofu mariné au citron vert et cumin, ils composent des fajitas 100 % végétales, riches en protéines et en fibres. L’ajout de maïs grillé, de salsa de chipotle et de guacamole permet de conserver toute la gourmandise du plat traditionnel, tout en le rendant accessible à tous les régimes.

Adaptations familiales et de street food : fajitas express à la poêle et versions au four

Dans un contexte domestique, la fajita se prête à de nombreuses simplifications sans perdre son âme. Une version « express » consiste à faire revenir simultanément viande, poivrons et oignons dans une grande poêle, avec un mélange d’épices déjà prêt (cumin, paprika, ail, origan) et un simple déglaçage au jus de citron. Pour les grandes tablées, certaines cuisinières optent pour une cuisson au four : tout est disposé sur une plaque – lanières de poulet, lamelles de poivrons, oignons, épices, huile – puis rôti à haute température pendant 15 à 20 minutes. Cette méthode permet de préparer une grande quantité de garniture de fajitas sans rester devant les fourneaux, tout en conservant une belle caramélisation.

Garnitures, accompagnements et dressage des fajitas dans la tradition mexicaine

Salsas emblématiques : pico de gallo, salsa verde tomatillo, salsa roja asada et salsa de chipotle

Les salsas sont l’âme des fajitas mexicaines. Le pico de gallo, mélange cru de tomate, oignon, coriandre et piment, apporte fraîcheur et croquant. La salsa verde à base de tomatillos grillés, piment vert et coriandre se distingue par son acidité vive, idéale pour couper la richesse du bœuf ou du porc. La salsa roja asada, élaborée avec des tomates et piments grillés sur comal, offre un profil plus rond et légèrement fumé. Enfin, la salsa de chipotle concentre chaleur et arômes de fumée, parfaite en petites touches. Proposer au moins deux salsas différentes à table permet à chacun d’ajuster le niveau de piquant et la complexité aromatique de ses fajitas selon ses préférences.

Condiments classiques : crème aigre (crema), queso fresco, jalapeños en escabèche, coriandre et oignons crus

Les condiments jouent un rôle d’« amplificateurs » de saveurs. La crème aigre (crema) calme la brûlure des piments et apporte du moelleux. Le queso fresco, fromage frais émietté, ajoute une dimension lactée sans écraser les autres goûts. Les jalapeños en escabeche (marinés dans un vinaigre aromatisé) introduisent une acidité piquante qui réveille la viande grillée. La coriandre fraîche et les oignons crus hachés finement, typiques des taquerías mexicaines, terminent le tableau. Disposer ces éléments dans de petits bols individuels au centre de la table transforme le repas en expérience interactive, où chacun construit ses fajitas en jonglant avec textures, températures et intensités de saveurs.

Élément Rôle principal Type de fajitas idéal
Crème aigre (crema) Adoucit le piquant, apporte du gras Poulet, crevettes, versions très épicées
Queso fresco Note lactée, texture friable Bœuf, porc, végétarien
Jalapeños en escabèche Acidité piquante, croquant Toutes, surtout bœuf et porc
Coriandre & oignons crus Fraîcheur, croquant Toutes, particulièrement crevettes et veggie

Accompagnements d’amidon : arroz rojo, riz à la coriandre et citron vert, frijoles refritos et haricots de la olla

Les accompagnements d’amidon complètent les fajitas pour en faire un repas complet, équilibré et rassasiant. L’arroz rojo (riz rouge) cuit dans un bouillon de tomate et d’oignon, constitue un grand classique des assiettes tex-mex. Un riz blanc parfumé à la coriandre et au citron vert, plus léger, accompagne particulièrement bien les versions de fajitas aux crevettes ou au poulet. Côté légumineuses, les frijoles refritos (haricots écrasés et légèrement frits) offrent une texture onctueuse idéale pour tartiner la base de la tortilla, tandis que les frijoles de la olla (haricots cuits simplement dans un bouillon) apportent une option plus rustique et moins grasse. En combinant l’un de ces riz avec une préparation de haricots, vous obtenez un plat complet très proche des standards des cantines mexicaines.

Techniques de montage de la fajita : superposition des éléments et gestion des textures

Le montage de la fajita influence autant la dégustation que les ingrédients. Une méthode efficace consiste à respecter une logique de superposition : base crémeuse (haricots ou crema), couches de protéines (viande ou substitut), légumes grillés, puis salsas et condiments frais au sommet. Cette structure évite que les liquides ne détrempent la tortilla tout en garantissant, à chaque bouchée, un équilibre entre chaud et froid, croquant et fondant. Pour les tortillas de blé, un pliage en trois (bas remonté, côtés rabattus) limite les fuites ; pour les tortillas de maïs plus petites, un simple pliage en U, comme pour un taco, met l’accent sur la garniture plutôt que sur le roulage.

  • Commencer par une fine couche de haricots ou de crème pour « coller » la garniture.
  • Ajouter la viande ou l’alternative végétale, bien égouttée.
  • Compléter avec les légumes sautés, puis les salsas.
  • Terminer par les condiments frais (coriandre, oignons, jalapeños).

Service convivial à table : plats à partager, tortillas dans panier chauffant et présentation à la manière des taquerías

Le service des fajitas repose sur l’idée de partage. Plutôt que d’assembler les tortillas en cuisine, les cuisiniers mexicains disposent la viande et les légumes sur un grand plat chaud, entouré de petits bols de salsas, de condiments et d’accompagnements. Les tortillas, empilées dans un panier tapissé de tissu ou dans une boîte spéciale, restent chaudes et souples grâce à la vapeur résiduelle. Cette présentation à la manière des taquerías permet à chacun de composer ses propres combinaisons, de tester différents niveaux de piquant et de jouer avec les textures. Pour un repas réussi, pensez à adapter le nombre de tortillas et la quantité de garniture : en pratique, prévoir 3 à 4 petites fajitas par personne constitue une base confortable pour un dîner festif.